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Piero Steinle
Cathédrales

Les cathédrales du Moyen Age invitaient Dieu à descendre dans un espace à sa mesure, aussi grand que possible. Elles cherchaient à l'attirer en tendant vers lui, en prière, les bras de leurs tours et de leurs flèches. Elles voulaient le retenir dans la lumière dont la théologie affirmait qu'elle était la substance divine, par l'agrément des couleurs des vitraux et des sculptures peintes et le chatoiement des tapisseries. Elles appelaient par leurs vastes portails sculptés les fidèles, les foules à venir le rencontrer dans le calme bonheur évoquant le Paradis.

Les cathédrales de Piero Steinle et Julian Rosefeldt sont des espaces et des formes des XIXe et XXe siècles rendues à leurs épures spatiales pour les hommes et les femmes de cette fin du XXe siècle et du XXIe siècle qui nous aspire.

Dieu les habite-t-il ? S'il s'y manifeste aux humains qui y pénètrent c'est un Dieu changé, non plus un Dieu d'épiphanie lumineuse et triomphante, c'est le Dieu caché de Pascal. Et l'anxiété des visiteurs vient d'une autre Apocalypse, non pas celle de la résurrection triomphante et de l'embrasement de la lumière, mais celle de l'ombre. Et ces cathédrales sont vides. De Dieu aussi peut-être.

Et pourtant ce sont des cathédrales. Celles du Moyen Age était un hymne à la technique, technique de la construction, domaine des grands progrès techniques du Moyen Age, mais pouvant aussi abriter, dans la lumière de Dieu et pour sa gloire, d'autres inventions du génie technologique, le métal des forges, ou le grain ou la laine des granges.

Les cathédrales de Piero Steinle et de Julian Rosefeldt sont faites des matériaux, des machines, des usines, des volumes et des surfaces des grandes réalisations technologiques des XIXe et XXe siècles. Les cathédrales du Moyen Age n'étaient faites, à l'exception d'un peu de plomb et de fer, que de pierre et de bois. Il est ici encore d'ailleurs, avec les combles des vieilles églises. Mais, avec le béton, les nouveaux alliages métalliques ce sont de nouveaux matériaux propres à créer et souvent de nouveaux espaces qui ont fait ces cathédrales modernes qui témoignent de l'univers industriel et technique du monde moderne et contemporain : réservoirs, chemins de fer, hangars d'avion, parkings…

Comme les cathédrales du Moyen Age ont surgi de chantiers de ruines, celles des villes et des temples païens de l' Antiquité, c'est souvent à l'état de désaffection, de ruine, de décombres que Steinle et Rosefeldt nous montrent ces cathédrales modernes, vidées. Restes de civilisations qui changent de plus en plus vite et nous laissent leurs cadavres et leurs vides. Ce sont les cathédrales d'une civilisation en creux que cette exposition nous montre.

Mais la continuité avec les cathédrales du Moyen Age s'impose aussi, quoique parfois paradoxalement, par deux grandes caractéristiques au moins.

La première est le rapport avec la ville. Ces grands vides structurés, ces formes en creux survivent au cœur même de la ville. La cathédrale médiévale se dressait au centre de la ville. Ces cathédrales se cachent au centre de la ville. Les urbains d'aujourd'hui vivent, marchent, à côté, au-dessus, au-dessous parfois, sans le savoir, sans le voir. Cette exposition est révélation, apocalypse. C'est l'indispensable complément à toute vision, à toute connaissance des villes, des grandes villes aujourd'hui. C'est un phénomène urbain actuel. Un des plus grands mystères de la ville, car, et déjà au Moyen Age avec ses ruines, ses carrières, ses catacombes, ses caves, ses souterrains, la ville est mystère. Mais ici le caché en général est à la surface, de plein pied. Il suffirait d'ouvrir une porte que Steinle et Rosefeldt ont ouverte.

L'autre caractéristique, et c'est probablement l'essentiel, c'est que le cœur et le sens profond de ces cathédrales, anciennes et modernes, c'est l'espace, l'espace, l'espace défini, l'espace enclos. Pour la fonction et l'utilité certes mais, et on le voit mieux quand la fonction n'est plus remplie, pour l'œil et pour la pensée. Cathédrales, oui encore, car dans tous les cas, l'espace est grand, démesuré souvent. L'homme les crée mais les dimensions de ce qu'il a créé lui donnent à la fois l'idée de sa petitesse et de sa grandeur. Cathédrales belles à voir, bonnes à penser.

Enfin vient le miracle. Ces cathédrales étaient vides, mortes, cachées. Steinle et Rosefeldt les ressuscitent, les repeuplent. La photo, un procédé novateur et ingénieux les font vivre, les remplissent, instaurent entre leurs espaces et l'homme un nouveau rapport, un nouveau dialogue. Elles deviennent ce que tout monument doit être, demeurer, devenir et redevenir : du réel et de l'imaginaire. Car ces espaces sont monumentaux. Civilisations, il ne faut pas dire trop vite : "Nous sommes mortelles…".

Jacques Le Goff

....This project to expose the City of Light’s dark side is both mesmerising and off-putting. These places have the grandeur and unreality of Piranesi drawings. Behind Paris’ elegant facades, Rosefeldt and Steinle have found gigantic, empty, silent spaces that, while in the heart of the crowded city, remain inaccessible and escape our perception. Like proud final witnesses of the industrial revolution’s new steel constructions, many of these spaces have become obsolete, ignored, forgotten. Abandoned like dinosaurs, awaiting demolition, they become hollow phantoms in a deserted, unknown city. ‘Paris: The Unknown Cathedrals’ reveals the presence of absence....."

Laurie Attias, Frieze Magazine, Issue 38 January-February 1998

Das Konzept ist ganz einfach: Was wir von den großen Städten wahrnehmen, ist immer nur ihre Schauseite. Was aber verbirgt sich hinter den architektonischen Kulissen? Gibt es dort eine verborgene Baukunst, nicht für unsere Augen bestimmt? Die in München lebenden Fotografen Piero Steinle und Julian Rosefeldt sind in Paris auf die Suche gegangen und haben die architektonischen Eingeweide der Stadt aufgedeckt: unterirdische Wasserbassins, stillgelegte Fabriken und Lagerhallen; Festsäle, die keiner kennt; Ausstellungsräume, die wegen Bauarbeiten geschlossen sind; Bahnhöfe und Passagierhallen, die gerade erst gebaut werden. Das Gemeinsame: Alle diese Räume sind den Blicken entzogen, alle sind menschenleer, alle riesig und von imponierender Schönheit. Die beiden Fotografen übertreiben nicht, wenn sie ihre Aufnahmen jetzt unter dem Titel "Die unbekannten Kathedralen" präsentieren....

Wilfried Wiegend Frankfurter Allgemeine Zeitung, 15.08.1997

Les photographies de Julian Rosefeldt et Piero Steinle illustrent la fin de l'espace réel au profit de l'instantanéité du temps réel. Temps réel de la prise de vue, qui précède celui de l'espace virtuel du monde de demain."

Paul Virilio, in: Alain Mons, in: Michel Butor, Henri-Pierre Jeudy, Jaques Le Goff, Alains Mons, François Séguret, Julian Rosefeldt, Piero Steinle: Paris - Les Cathedrales Inconnues, Espaces Vides dans l'Ombre de la Ville, Paris, 1997

La ville désertée

Das Bild einer Stadt ist das Bild ihrer Oberfläche. Wer an Rom denkt, wird an das Kolosseum oder St.Peter denken. Stellt man sich New York vor, taucht vielleicht das Bild des Empire State Buildings auf. Weilt man in Gedanken in Paris, so kommen einem wahrscheinlich Eiffelturm, Louvre oder Centre Pompidou in den Sinn. Wahrzeichen einer Stadt sind ihre Türme, ihre Paläste und Kirchen, Gebäude, die aus ihrem Weichbild herausragen, ihr Gesicht bestimmen. Und gerade in einer so repräsentativen, von Politik, Mode und Kunst bestimmten Metropole wie Paris sind es die Fassaden, die "Kulissen" , die uns auffallen, uns faszinieren - weil sie gefallen sollen. Die Stadt Paris gefällt sich selbst, ihren Bewohnern und letztlich auch ihren Besuchern, als das, was ihr Image verspricht: elegant zu sein, stolz und schön.

Doch existieren riesige Räume hinter den Kulissen dieser Stadt, Leerräume, Räume der Stille, die sich - obwohl oft mitten in der Stadt - außerhalb unserer alltäglichen Wahrnehmung befinden, die kaum einer kennt, weil es keine öffentlichen Orte sind: Die sich selbst überlassenen Dachstühle von Kirchen etwa, oder die riesigen unterirdischen Speicherbecken, die Paris mit Trinkwasser versorgen. Im Herzen unserer Stadt leben diese Innenwelten der architektonischen Außenwelt - seit ihrer Erschaffung in einem petrifizierten Zustand erstarrt - eine zeitlose Schattenexistenz. Wenn die Stadtoberfläche - und damit sind auch die hinlängst bekannten Innenräume gemeint - als konvexe sich dem Publikum entgegenstülpende Formenwelt verstanden werden kann, so sind diese Leerräume ihre konkave, verborgene Komplementärseite: Zwischenräume, Resträume, versperrte, verbotene, vergessene Räume - Räume ohne Öffentlichkeit., Räume des Schattens: Räume außerhalb. Den, der sie dennoch betritt, werden sie durch ihre Größe und Monumentalität in ihren Bann ziehen und verzaubern.

Viele der photographierten Leerräume sind Zeugen der industriellen Revolution des ausgehenden letzten Jahrhunderts, das sich stolz mit repräsentativen Stahlarchitekturen schmückte. Heute stehen die meisten dieser Bauten leer und harren - als Geisterhäuser einer ville désertée - ihrem sicheren Ende entgegen. Im Dienstleistungszeitalter erscheinen die eisernen Riesen als Dinosaurier. Längst haben Mikrochip und virtuelle Welten die Dimension "Raum" neu definiert. Als stumme Zeugen eines Zeitalters, indem der physisch erfahrbare Raum noch verschwenderisch seinen Machtanspruch behaupten konnte, warten diese gigantischen Hohlräume, inzwischen völlig deplaziert in den nachverdichteten industriellen Ballungsräumen am Stadtrand, auf ihren Abriss oder - in den seltensten Fällen - unter dem Schutzmantel des Denkmalschutzes auf eine neue Bestimmung.

Die meisten der Räume sind nicht gebaut worden, um zu beeindrucken, um Bewunderung zu erregen, ja überhaupt, um betrachtet zu werden. Es handelt sich vielmehr um rein funktionale Gebäude - ästhetisch von einer entsprechend nüchternen Strenge gekennzeichnet - , die einem bestimmten Zweck zu dienen haben, und die deswegen so groß sind, weil es dieser Zweck erfordert. Und doch eröffnen sie uns in ihrer Leere eine Dimension, die der von sakralen Räumen, von Kirchen und Kathedralen vergleichbar ist. Wie derjenige, der vom geschäftigen Leben auf der Straße in die Stille und Erhabenheit eines gotischen Domes eintaucht, ist der Besucher eines der hier gezeigten Räume plötzlich konfrontiert mit einem Ort jenseits der alltäglichen Welt, ist den Dimensionen seiner gewohnten Erfahrung entrückt, wenn er auf einmal der gigantischen Leere des im Gebäude umfaßten Raumes gegenübersteht.

Das Überschreiten der Schwelle zwischen der allzu bekannten öffentlich domestizierten Stadtwelt und jener fremden unerwarteten Welt der Stille und Menschenferne, führt uns vor Augen, wie sehr jene Leere eine prekäre in unserem Denken nicht vorgesehene Randexistenz fristet. Jene Leere befremdet, da sie in unserem Leben normalerweise nicht auftauchen darf und deshalb schon auf rein geographischer, urbanistischer Ebene verhindert wird: Beseitigung von Leerstand, Abbbruch bon Leerräumen, Eliminieren von Leerflächen. Der Horror Vacui, die Urangst vor vor dem Stillstand, vor zeitlichen, räumlichen, geistigen Leerräumen spiegelt sich im (westlichen) Sprachgebrauch wieder: "sa vie est vide", "le vide de son existence", "passage á vide", "vide de sens", "tomber dans le vide", "tourner á vide", "raisonner á vide", etc. Unser "ferveur du plein" (V.Forrester) versucht mit der Omnipräsenz von Bildern und Aktivitäten die gefürchtete Leere zu füllen. So verstören uns die unbekannten Kathedralen nahezu in ihrer überraschenden Stille und "Sinnentleertheit" - als plötzlich erfahrbare Gegenwelten zu unserem "normalen" Raumempfinden. Die Leere ist das Rohmaterial, das recyclet, transformiert, intensiviert, belichtet, verdichtet wird. Was aber passiert, wenn die Leere durch ihre Präsentation, Lektüre und Betrachtung sich mit Leben füllt? Vielleicht erträgt die erweckte Welt das Leben nicht.

Die Aufnahmen der Räume entstanden zwischen Januar und Mai 1997

Piero Steinle, Julian Rosefeldt, in: in: Alain Mons, in: Michel Butor, Henri-Pierre Jeudy, Jaques Le Goff, Alains Mons, François Séguret, Julian Rosefeldt, Piero Steinle: Paris - Les Cathedrales Inconnues, Espaces Vides dans l'Ombre de la Ville, Paris, 1997

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